Introduction

Mise à jour juin 2011

Les douleurs antérieures du genou sont, après les lombalgies, le motif de consultation le plus fréquent concernant l'appareil locomoteur. Parmi celles-ci, le syndrome douloureux fémoro-patellaire ou syndrome douloureux rotulien (SDR) laisse perplexe, tant dans la difficulté diagnostique que dans la prise en charge. En effet, il n'existe actuellement aucun consensus quant à la définition de ce syndrome, sa physiopathologie ou son traitement. L'imagerie demandée devant cette entité est souvent inutile. Le diagnostic de syndrome douloureux rotulien échappe souvent à la compréhension du médecin. Selon Chastaing, la méconnaissance de cette pathologie pose deux problèmes principaux: considérer à tort comme psychiatrique une pathologie organique (syndrome psycho-rotulien) ou pratiquer abusivement une arthroscopie. Cependant, la prise en charge chirurgicale avec transfert de la tubérosité tibiale antérieure est de moins en moins pratiquée.

Il s'agit d'une pathologie fréquente: les différentes études (1,2,3,4,5,6) montrent une prévalence allant de 4 à 23% dans les populations de jeunes sportifs étudiées. Il s'agit d'une pathologie de surcharge, liée à un défaut qualitatif ou quantitatif d'entraînement. Elle entraîne une indisponibilité du personnel pendant plusieurs mois voire une inaptitude définitive si la pathologie survient au cours de la formation initiale dans une population de militaires. La mise en place de mesure de prévention et les règles hygiéno-diététiques qui en découlent sont pourtant simples. L’action du médecin généraliste en unité peut s'effectuer à deux niveaux:

 

  • Un rôle de prévention par une éducation permanente aux personnels sur les règles hygiéno diététiques d’épargne rotulienne dont nous parlerons plus tard. Une information plus globale peut être faite à l’encadrement (cadres de contact/éducateurs sportifs).

  • Un rôle thérapeutique par la prise en charge de l'épisode douloureux, la prescription et la surveillance de la rééducation fonctionnelle.

 

La mise en place d’un traitement est difficile car il n'existe actuellement aucun consensus. Les pathologies du genou sont complexes, multifactorielles car elles font intervenir des structures multiples, articulaires et tendino-musculaires. Par ailleurs, la biomécanique de l'appareil extenseur est imparfaitement comprise. Le SDR est souvent décrit comme un mouvement anormal de la patella dans la gorge de la trochlée, modifiant les contraintes fonctionnelles et entraînant des modifications physiques et biochimiques de l'articulation fémoro-patellaire. Pour Henri Dejour (7), le SDR est défini par l'absence de tout épisode de luxation et d'anomalie anatomique. Selon Bonnel (8), la patella est le baromètre du genou. Le mode d'expression de cette « sentinelle du genou » ne doit pas en faire l'unique responsable et ne doit pas l'exposer à la sanction chirurgicale trop rapidement. On comprend qu'une patella douloureuse peut avoir plusieurs étiologies, parfois associées entre elles, d'où la grande difficulté d'harmonisation des pratiques. Il est ainsi nécessaire de mettre en place une prise en charge personnalisée de cette pathologie.

Le SDR étant peu enseigné à la faculté, nous proposons dans ce travail, après une synthèse de la bibliographie actuelle, d’élaborer un outil d’information destiné à mieux appréhender cette pathologie complexe. Pour cela, nous reprendrons en partie l'anatomie du genou ainsi que sa biomécanique particulière. Nous aborderons la physiopathologie de ce syndrome douloureux par un rappel des différentes hypothèses actuelles. L'examen clinique du genou sera repris dans son ensemble et disponible sous forme de petites séquences filmées afin d’éliminer les possibles diagnostics différentiels. Nous proposons également un protocole définit de stratégie d'imagerie avec des ordonnances types. Le recours systématique à des examens tels que l'IRM ou la TDM étant devenu trop fréquent, nous en clarifierons les indications et les conséquences éventuelles. Enfin, nous évoquerons la place de l’arthroscopie dans cette pathologie.

Puis, nous aborderons les principes thérapeutiques dans le syndrome douloureux rotulien que ce soit le traitement médical ou la prise en charge en rééducation. .

Une dernière partie sera destinée directement aux patients, dans le but de soutenir la relation médecin - malade. Une fiche d'information à remettre aux patients ainsi que des conseils sur la pratique d'étirements seront proposés.

 

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PLAN

Références

1. Devereaux MD, Lachmann SM. Athletes attending a sports injury clinic--a review. British Journal of Sports Medicine. 1983 Déc;17(4):137-142.

 

2. Boling M, Padua D, Marshall S, Guskiewicz K, Pyne S, Beutler A. Gender differences in the incidence and prevalence of patellofemoral pain syndrome. Scand J Med Sci Sports [Internet]. 2009 Sep 17 [cité 2010 Fév 7];Available from: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19765240

 

3. Dorotka R, Jimenez-Boj E, Kypta A, Kollar B. The patellofemoral pain syndrom in recruits undergoing military training: a prospective 2-year follow-up study. Mil Med. 2003 Avr;168(4):337-340.

 

4. Adirim TA, Cheng TL. Overview of injuries in the young athlete. Sports Med. 2003;33(1):75-81.

 

5. Dixit S, DiFiori JP, Burton M, Mines B. Management of patellofemoral pain syndrome. Am Fam Physician. 2007 Jan 15;75(2):194-202.

 

6. Callaghan M, Selfe J. Has the incidence or prevalence of patellofemoral pain in the general population in the United Kingdom been properly evaluated? Physical Therapy in Sport. 2007 2;8(1):37-43.

 

7. Dejour H, Walch G, Journees Lyonnaises De Chirurgie Du Genou (6th; Lyon; 1987). La pathologie fémoro-patellaire. Lyon: [s.n.]; 1987.

 

8. Bonnel F, Dimeglio A. Appareil Locomoteur. Abrégé d'anatomie fonctionnelle et biomécanique.