Définitions

Mise à jour juin 2011

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Il convient, avant de tenter de décrire l'épidémiologie du syndrome fémoropatellaire (SFP) encore appelé syndrome douloureux rotulien (SDR), de donner quelques définitions.

Le SDR est un sous groupe des Syndromes Douloureux Antérieurs du Genou, qui est l' "Anterior Knee Pain" des anglo-saxons, faisant directement allusion aux symptômes du patient. D'après Dupont (1), ce Syndrome Douloureux Antérieur du Genou peut être qualifié de spécifique, lorsqu'il existe une cause précise aux douleurs, retrouvée à l'examen clinique ou lors d'examens d'imagerie. Il s'agit des principaux diagnostics différentiels du SDR que nous détaillerons plus tard.

Par opposition, on retrouve des syndromes douloureux antérieurs du genou non spécifiques en ce sens où il n'est pas retrouvé de causes précises aux douleurs évoquées par le patient. Le SDR est  un diagnostic d'élimination et la démarche clinique et para clinique va s'attacher à éliminer une cause spécifique. Les lésions du cartilage rotulien peuvent être présentes dans le SDR (Chastaing ) mais ne sont pas la cause des douleurs, le cartilage n'étant pas innervé.

Le terme anglo saxon est Patello Femoral  Pain Syndrom (PFPS). Selon Gresalmer (2), ce terme est un grand chapiteau couvrant une multitude d'étiologies différentes. 

D'après H. Dejour (3), le SDR est caractérisé par l'absence de tout épisode de luxation ainsi que de toute anomalie morphologique, ce qui se rapproche de la définition de Dupont.

 

Actuellement, on ne parle plus d'Instabilité Rotulienne Objective ou Potentielle (4). L'instabilité rotulienne est liée à des luxations épisodiques de la rotule (liées à une anomalie morphologique que nous verrons dans le chapitre d'imagerie). En absence de luxation rotulienne, il s'agit d'instabilité sur SDR.

 

 

Epidémiologie

Mise à jour: juin 2011

Ces quelques précisions étant faites, nous allons tenter de préciser l'épidémiologie du SDR .

Il s'agit d'une pathologie fréquente: différentes études (4, 5, 6, 7) montrent une prévalence allant de 4 à 23% dans les populations étudiées de jeunes sportifs. Il s'agit d'une pathologie de surcharge, liée à défaut qualitatif ou quantitatif d'entrainement.

 

Dans une étude prospective menée sur 1020 soldats durant 3 mois de classe aux USA,  48 ont présenté un SDR (8).

Dans une étude réalisée auprès de 586 adolescents Hongrois (9) en 2004, la prévalence du syndrome fémoropatellaire a été de 20,65%, sans différence significative entre hommes et femmes. Il n'a pas été retrouvé de facteurs de risque intrinsèque en dehors d'une modification de l'angle Q, qui semble associée à une augmentation de la prévalence.

Selon Pourcher et D.Dejour, la prévalence est de 20% chez les adolescents et les adultes jeunes (10).

Dans une étude prospective américaine (11) menée sur 1535 incorporés pendant deux ans  l'incidence du SDR a été de 22/1000 personnes/année, soit  une prévalence d'environ 15% chez les femmes et 12% chez les hommes.

Une revue de la littérature anglaise, datant de 2008 (12), montre que les sources de données concernent exclusivement la médecine du sport et la médecine militaire. Une prévalence de 25% a été citée dans 13 articles sur 40 mais les autres incidences étaient comprises entre 3% et 40% selon les articles.

En 2010, 97,279 recrues de l'armée israélienne (équivalent des appelés) dont 18,338 femmes ont été incluses dans une étude rétrospective (13) afin d'évaluer la prévalence des douleurs antérieures du genou. Les patients présentant un genou traumatisé, opéré, une pathologie méniscale, une épiphysite de croissance ou une instabilité fémoro-patellaire étaient exclus. La prévalence des douleurs antérieurs du genou est de 4.15%, avec une différence significative chez les patients présentant des pieds plats. Les douleurs antérieurs du genou semble plus fréquente chez le jeune homme que chez la jeune femme, contrairement à la majorité des études anglo-saxonnes.


  La comparaison des diverses données est difficile car la  définition utilisée du  syndrome fémoropatellaire n'est pas  univoque.

Références

1. Dupont JY. Pathologie douloureuse fémoro-patellaire.Analyse et classification. cahier d’enseignement de la SOFCOT. 1996;(59).

2. Grelsamer RP. Patellar nomenclature: the Tower of Babel revisited. Clin. Orthop. Relat. Res. 2005 juill;(436):60-65. 

3. Dejour H, Walch G, Journees Lyonnaises De Chirurgie Du Genou (6th ; Lyon ; 1987). La pathologie fémoro-patellaire. Lyon: [s.n.]; 1987.

4. Servien E, Aït Si Selmi T, Neyret P. [Subjective evaluation of surgical treatment for patellar instability]. Rev Chir Orthop Reparatrice Appar Mot. 2004 avr;90(2):137-142.

5. Devereaux MD, Lachmann SM. Athletes attending a sports injury clinic--a review. British Journal of Sports Medicine. 1983 déc;17(4):137-142.

6. Adirim TA, Cheng TL. Overview of injuries in the young athlete. Sports Med. 2003;33(1):75-81.

7. Dixit S, DiFiori JP, Burton M, Mines B. Management of patellofemoral pain syndrome. Am Fam Physician. 2007 janv 15;75(2):194-202.

8. Dorotka R, Jimenez-Boj E, Kypta A, Kollar B. The patellofemoral pain syndrome in recruits undergoing military training: a prospective 2-year follow-up study. Mil Med. 2003 avr;168(4):337-340.

9. Tállay A, Kynsburg A, Tóth S, Szendi P, Pavlik A, Balogh E, et al. [Prevalence of patellofemoral pain syndrome. Evaluation of the role of biomechanical malalignments and the role of sport activity]. Orv Hetil. 2004 oct 10;145(41):2093-2101.

10. Pourcher G, Dejour D, Neyret Ph. Devenir du syndrome douloureux rotulien :revue bibiographique. Le Genou du sportif.10èms Journées Lyonnaise de Chirurgie du Genou. 2002;

11. Boling M, Padua D, Marshall S, Guskiewicz K, Pyne S, Beutler A. Gender differences in the incidence and prevalence of patellofemoral pain syndrome. Scand J Med Sci Sports. 2009 sept 17;

12. Callaghan M, Selfe J. Has the incidence or prevalence of patellofemoral pain in the general population in the United Kingdom been properly evaluated? Physical Therapy in Sport. 2007 févr;8(1):37-43.

13. Lakstein D, Fridman T, Ziv YB, Kosashvili Y. Prevalence of anterior knee pain and pes planus in Israel defense force recruits. Mil Med. 2010 nov;175(11):855-857.